LA COURSE

SON AUTEUR,MONSIEUR  THOMAS VINAU

 

La course est effrénée. Il halète. Trébuche. Tombe. Se relève.

La végétation dense lui fouette le visage. Les gouttes d'eau glacées retenues dans les feuillages explosent sur la peau tendre de son torse et de son cou. Il court la  bouche ouverte, essouflé, et aspire toutes sortes d'éclats morts et de terre. Ses muscles lui font mal. Son coeur brûle. Ses poumons sont en feu. Les lianes et les branchages épaix lacèrent ses avant bras qui frayent dans la masse sombre de la brousse. Il accroche parfois ses pieds aux racines qui dépassent et se vautre de tout son long. Il se relève. Recommence à courir. Il sent que c'est derrière lui. C'est tout proche. Ça le rattrape. Il sait qu'il perdra la bataille.

Il est comme dans la mort au trousse au milieu d'un champs de blé vert et trempé. La course est effrénée. Elle est perdue d'avance. Il sent la chaleur sur son épaule. Le souffle brûlant qui le rattrape et finit par l'atteindre. L'irradier. Le transpercer. C'est trop tard. C'est foutu. De toute façon ses jambes ne le portent plus. Et puis qui peux gagner l'aube à la course ?

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