RECIT DE PATRICE FAYOL : SA "333"

 

NOUS CONNAISSONS TOUTES ET TOUS LE COUREUR D'AMFREVILLE.MAIS CES QUELQUES LIGNES,NOUS PROUVENT SES TALENTS DE D'ECRITURE SPORTIVE. MERCI PATRICE ET BRAVO  AU  "MAROCAIN" .

Pour le 10ème anniversaire, Alain Gestin voulait faire les choses bien ! Depuis longtemps, il voulait marquer le coup en nous faisant courir dans le désert Marocain. Faire une boucle de 333 km en non stop, disait-il, nous changerait et nous permettrait de faire une arrivée à l’hôtel et non au milieu de nulle part.

Va pour le Maroc, du moment que ce désert est beau et varié !

Depuis plusieurs mois on en parle, on échange avec d’autres coureurs et surtout on s’entraîne. Mais la dernière ligne droite est souvent source d’angoisse et d’inquiétude.

Pour ma part, cela fait plusieurs mois que j’échange avec une certaine Flo (connue uniquement par échange de mails) et Paul, qui habite pas très loin de chez moi. Je suis, pour eux, celui qui connaît ce type d’épreuves et surtout l’organisation. J’ai donc accepté de répondre à leurs multiples interrogations, et de les aider à préparer au mieux cette épreuve qui pour eux est une première.

J’ai pris l’avion le vendredi matin avec plusieurs coureurs que je connaissais déjà, et d’autres non. Il y avait là « Flo » accompagnée de deux autres participants (Claudine et Thierry).  Ils m’ont remercié de toutes les réponses que je leur ai apportées pendant leur préparation.

         Nous sommes arrivés à Marrakech le vendredi midi et avons pris directement le bus en direction d’Ouarzazate. Ces quelques heures de bus nous permettent de nous retrouver.  Parvenus à Ouarzazate, nous retrouvons encore des participants  venus d’autres horizons.

Puis, le lendemain matin, direction Mhamid dans le sud du Maroc. C’est une route qui n’arrive nulle part. Elle se termine dans le sable après avoir traversé l’Atlas et la « ville de Mhamid ».

La tribu Gestin est au complet soit 41 participants. On peut sentir une certaine inquiétude chez beaucoup de coureurs. Pour ma part, je me trouve particulièrement serein.

Nous avons deux heures pour déposer les «  drop bags ». Il s’agit du sac que le coureur dépose afin de le retrouver  au CP (check point) désiré après qu’il y soit déposé par l’organisation. Dans ce sac, le participant y met  de quoi se nourrir, se soigner, se changer. Pour ma part, j’ai déposé dans chacun des CP de quoi manger (soupe, repas lyophilisé ou préparé), un peu de pharmacie pour me soigner les pieds si nécessaires, quelques piles de rechange pour le GPS et la lampe frontale. Le parcours comporte 15 CP espacés chacun d’une vingtaine de kilomètres.

Une fois cette opération  achevée, la logistique est confiée à une équipe marocaine.

Alain peut alors faire son premier briefing consacré à la présentation du Staff et des coureurs.

Le Staff est à la hauteur. Côté médical (1 médecin et 3 infirmières urgentistes). Coté logistique (3 personnes viennent compléter l’équipe  Marocaine).

 

         Alain  nomme chacun des coureurs qu’il connait et  laisse se présenter tous les nouveaux. Les expériences de ces derniers, ainsi que certains palmarès sont très impressionnants. Mais pour tous, le coureur ayant déjà gagné deux 333 et deux 555 est celui à battre. J’ai été très applaudi lorsqu’Alain m’a présenté, il faut dire qu’il y a mis la forme et bien choisi les mots. Finie  alors la sérénité.

Jusqu’au départ de la course je deviens la cible, alors que moi-même je suis conscient que le niveau de cette année est beaucoup plus élevé que les éditions précédentes. Il faudrait être fort pour arriver dans le top 10.

 

         Après une journée de préparation des sacs, des GPS et deux autres briefings, l’instant du départ est arrivé.

 

         Le lundi 30 novembre 2009, 40 participants se tenaient prêts dans la cour de l’hôtel. Un coureur Italien était non partant pour cause de grippe.

 Le matin à 8h15 (départ de la course), ce n’est pas encore la grosse chaleur, mais nous étions prévenus que la journée serait très chaude avec beaucoup de vent. Le 1er km permettait de traverser Mhamid. Nous l’avons fait en groupe après avoir

fait la photo de départ et écouté les quelques recommandations de l’organisateur.

Contrairement aux années précédentes, les coureurs sont partis sur un rythme inférieur à 10km/h. En sortant de Mhamid, on bifurque complètement vers la droite et dans le sable. Là, en moins d’un km se dessinent  déjà des groupes. Devant, nous sommes une dizaine, éparpillée suivant l’état du sable. Chacun observe les coureurs alentours. On retrouve tout de suite les participants  sur  lesquels on avait misé la veille pendant le briefing.

Nous sommes un petit groupe de 6 coureurs arrivés au 1er CP.

 Nous avons couru 2h30 sans interruption. Pas d’arrêt pourcelui-ci, nous repartons dans la foulée. C’est André qui part en tête. Il court avec des bâtons et se détache petit à petit sur la piste qui nous emmène vers le CP2. Derrière André, c’est Démitrio qui avance d’un bon rythme, et je le suis de près. On se retrouve tous les deux côte à côte et rapidement, on se met à la marche. Attention, marche rapide puisque nous étions sur nos GPS à une allure entre 7 et 8km/h suivant le terrain. André reste devant, mais ne s’éloigne pas beaucoup. Après quelques km de marche, 4 coureurs nous rattrapent. Il s’agit de Patrick, Thierry, Frédéric et Dominique. Dès qu’ils sont  à notre hauteur, ils se mettent  également à la marche, mais ils n’arrivent pas à suivre notre  rythme. Et donc au bout d’un moment,  ils se remettent  à trottiner pour nous rattraper à nouveau. Après que cela se soit répété plusieurs fois, je fais remarquer à Démitrio qu’ils n’osent  pas me doubler. Ces derniers me l’ont confirmé après la course. Par respect !

La chaleur se fait pesante et en plus, nous avons un vent violent qui rend notre progression pénible. Ce n’est pas une tempête de sable, mais nous sommes vraiment à la limite, ce qui nous oblige à baisser la tête.Comme nous maintenons ce rythme aisément, nous décidons de conserver la marche pour progresser le plus loin possible, tout en laissant devant nous quelques coureurs se disputer les places. C’est ainsi que nous rejoignons le CP2 vers 13h30.  André repart  déjà, et Thierry le  suit aussitôt alors que nous faisons une pause de 20 minutes, le temps de manger une boite de ravioli et de refaire le plein d’eau.

 Patrick part devant nous ainsi que Frédéric et Dominique. Nous sommes sous une tente Marocaine.  Lorsque je repars avec Démitrio, nos trois compères ont pris le large. Nous reprenons  notre marche, tout en parlant  de nos diverses expériences. Démitrio n’est pas celui qui en a le moins. 6 participations au raid gauloise, très nombreux ironman dont plusieurs sélections à celui d’Hawaï. Participation aux championnats de France cyclistes sur route et VTT, et surtout des distances impressionnantes à la natation.

Avant le départ, je m’étais recouvert les orteils de manchons en silicone vendus dans le commerce. Ceux-ci sont faits pour protéger des coups et éviter les ampoules. Mais malheureusement, la surépaisseur  fait que le dessus des orteils frottent sur la chaussure, me créant ainsi des ampoules que je n’aurais pas eu sans.

Nous réalisons la distance entre ces deux CP aussi rapidement que les trois coureurs de devant. Mais à la marche ! Déjà 8h30 de course lorsque nous arrivons à quatre au CP3 qui est un CP très particulier. Il s’agit d’un camp aménagé. Alain ne nous a jamais habitué à un tel confort sur ses courses ! Il ne faut pas se laisser piéger par ce luxe. Je repars assez vite avec Démitrio après avoir avalé un plat tiède. Avant de repartir, deux autres coureurs sont arrivés. Ce sont nos deux Espagnols. J’étais surpris qu’ils ne soient pas avec nous au départ. Leur place avec nous était plus que justifiée. Nous reprenons donc  la route en laissant nos 4 compagnons sous la tente.

Nous évoluons sur une piste de sable très fluide. Mes guêtres, de fabrication  maison, sont très à la hauteur. Mais mon compagnon rencontre ses premiers problèmes. A chaque fois qu’il est contraint de vider le sable de ses chaussures, je l’attends avant de repartir d’un bon pas.

 Ils ne sont toujours que trois devant nous. Pas de quoi s’inquiéter. Nos échanges sont riches et sympathiques. Nous faisons  de nombreux km ainsi, mais notre

allure s’est tout de même ralentie. La nuit tombe sur le désert marocain. Fin de la chaleur, et on espère que le vent va tomber. Alors que nous conversons tout en avançant rapidement, nous ne regardons  plus tellement nos GPS. Et au bout d’un moment, nous apercevons  une lumière qui semble être notre CP4. Nous quittons alors  la piste afin d’aller droit sur la tente. Elle semble proche, et pourtant nous ne nous en rapprochons que très lentement. Arrivé sur place, j’enlève mon sac avant de me couler sous la tente et de m’installer. Là se trouvent  des Marocains et des touristes français. Ils font  un trekking et sont  installés autour de leur repas. Leur surprise est  plus grande que la mienne. Avec Démitrio, nous nous excusons  et leur expliquons ce que nous faisons. Nous repartons en nous aidant de nos GPS. Nous avons dévié tout de même de 4km, et nous rejoignons le CP4 en crapahutant sur  de nombreuses dunes.

 

Au CP4, nous pouvons constater que nos trois coureurs de devant n’ont vraiment pas beaucoup d’avance. Frédéric et Dominique nous y rejoignent et repartent  aussitôt. Avec Démitrio, nous décidons de prendre le temps nécessaire pour nous alimenter avant de repartir. La nuit est bien là et le vent n’a pas baissé. Je m’attends à beaucoup de froid. Nous repartons vers les 21h00.

         Nous maintenons notre rythme pour rejoindre le CP5. Devant, ils sont maintenant 5 coureurs, mais sans beaucoup d’avance. Et à ce stade, rien n’est fait. Nous y arrivons et les deux Espagnols nous rejoignent  juste avant notre départ.

 

 

En partant du CP5 vers les 1h00 du matin, je décide de rejoindre une piste qui ne va pas forcément directement vers le CP suivant, mais qui semble plus facile que le terrain se trouvant devant nous. Et c’est de très loin le choix technique le meilleur.

Nombreux sont les coureurs qui sont allés droit devant comme l’indique le GPS. Mais ce terrain est miné de pierres, et leurs pieds s’en souviennent encore. Nous rejoignons le CP6 en 4h00. Nous avons mis un peu plus de temps que les autres coureurs, mais sans aucune séquelle.

 

 Là se reposent nos compères Dominique et Frédéric. Nous arrivons très peu de temps avant nos deux Espagnols qui ont beaucoup souffert dans les pierres. Devant, toujours pas trop d’avance. Notre stratégie est donc la bonne. On dit que la marche est le repos du coureur, et à ce stade, c’est confirmé. Avant de repartir, Flo qui est  première féminine, arrive après avoir également traversé ce champ de pierres. Je discute  avec elle sur ses sensations et sa façon de progresser.

Elle est inquiète car elle se retrouve avec moi et pense avoir été beaucoup trop vite. Je lui fais part de notre stratégie. Nos deux compagnons espagnols sont stupéfaits de savoir que nous n’avons fait que marcher.

Nous repartons d’un bon pas, droit au GPS. Mais à ma grande surprise, l’allure a baissé. Démitrio n’assure plus le même train. Je l’attends puisque nous devons faire la marche ensemble. Nous croisons Alain avec son 4x4 sur la piste. Il est surpris de nous voir ici et encore plus d’apprendre que nous sommes à la marche depuis le 1er CP. Je lui fais part que nous

 assurons un bon rythme à la marche et que je laisserai les trois coureurs de devant se battre pour le podium. Pour moi, assurer une quatrième place me suffirait cette année. Devant, ce sont trois copains dont deux se battent depuis plusieurs éditions pour gagner cette course. Je pense ne rien avoir à prouver, et faire cette traversée en compagnie de Démitrio et les autres me convient très bien. C’est une autre façon de voir cette épreuve. 

        

Nous repartons à un rythme plus lent. Cela m’inquiète tout de même car je sais  que Démitrio ne retrouvera plus sa vitesse de marche. La nuit est moins froide que prévu. Je propose  à Démitrio d’alterner  marche et course afin de conserver notre moyenne. Car devant, l’écart se creuse tout de même. Mais il ne  peut pas, sa masse musculaire ne répond plus comme il le souhaite. Il s’accroche tout de même, mais je dois l’attendre sans cesse.

Devant, Thierry a presque 2H00 d’avance, suivi d’André et de Patrick. J’aurais pu prendre l’option de partir seul et ainsi faire la course devant. Mais je prends l’initiative de respecter ma décision de la nuit et de rester avec mon compagnon pour encore un moment. Le parcours donné par les points GPS et les passages intermédiaires n’est pas facile. Il faut sans cesse changer d’orientation, contourner des dunes et des tas de pierres. Nous mettons beaucoup de temps pour rejoindre le CP7. Notre allure a fortement baissé. De la marche à 7/8 km/h la veille, nous ne sommes plus qu’à 5. Mais toujours en 4ème position, sans inquiétude particulière avec les coureurs se trouvant derrière nous.

La chaleur du 2ème jour se fait sentir et le vent est toujours là. Nous y arrivons pour 9h00, ce qui nous fait un peu plus de

 24h00 de course.

 

 Je  profite de ce CP pour me soigner les pieds et bien me restaurer. Je soigne mes  ampoules avant de repartir toujours avec Démitrio.

Frédéric et Dominique arrivent juste avant que nous ne repartions, nous donnant des nouvelles des poursuivants. Déjà quelques abandons sur la course. Mais derrière eux se trouvent Flo et les deux Espagnols qui avancent bien.

Pour venir au CP 7, nos deux coureurs n’ont pas suivi les conseils de l’organisateur, et n’ont donc pas pris les points intermédiaires. Ils ont coupé directement devant eux. Et à leur surprise, ils n’ont eu aucun problème. Les points intermédiaires sont censés nous éviter certaines difficultés. Ils ont ainsi mis presque deux heures de moins. Ce qui n’est pas rien. C’est le résultat des différents choix techniques qui restent à l’appréciation du coureur. Dominique a mal à sa cheville après avoir buté sur une grosse pierre. Elle est enflée.

 

 Nous repartons  donc sous le soleil et le vent, vers le CP8 qui est au  milieu de la course. Je me fais du souci pour mon compagnon qui avance  encore moins vite. Moi de mon côté, j’ai une vitesse minimum qui fait que je m’arrête sans cesse pour l’attendre. Je ne veux  pas partir, mais pas non plus m’arrêter. Nous devons continuer d’avancer et ce, quel que soit le rythme car les places ne changent pas, et devant, l’écart se creuse mais reste raisonnable.

Nous passons  un col avant de basculer sur le retour. Après le passage de ce col, je prends plaisir à courir dans les descentes jusqu’à une surprise de taille. Là dans la montagne se tient sur le côté de la piste, un militaire au garde à vous.

Je lui  rends son salut tout en courant. Il s’agit en réalité d’un militaire assurant un contrôle de douane, près de la frontière avec l’Algérie.

 

 La piste est agréable pour avancer. Quelques pierres mais sans plus, c’est au coureur d’être suffisamment vigilant pour ne pas taper dedans. Nous continuons  d’avancer au rythme de Démitrio lorsque nous voyons revenir sur nous Frédéric et Dominique.

 

 Je m’y attendais, et je me doutais qu’ils partiraient nous laissant sans doute sur place. Mais non, arrivés à notre hauteur, ils semblent satisfaits de nous avoir rejoints, et heureux de pouvoir marcher à notre vitesse. Ils ne veulent pas partir car sans doute fatigués eux même. Nous marchons à 4 mais je suis sans cesse devant eux trois, car ils avancent à la vitesse de Démitrio.

Et puis après un moment, c’est au tour de Flo de nous rejoindre. Elle trottine à son rythme, mais avance tranquillement et sûrement. Nous échangeons quelques mots à son passage, mais elle continue de courir. Elle n’avance  guère plus vite que nous. Il me suffit de forcer légèrement mon allure pour revenir sur elle. Ne nous reprenant rien, elle se décide à marcher un peu avec nous. Sa technique est de courir tout le temps, car elle ne marche vraiment pas vite et donc ralentit tout de suite. Elle est encore une fois surprise de se retrouver avec moi. Elle a peur d’être  allée trop vite. Je la  rassure,  échange quelques conseils et parle des risques à venir. Thierry qui se trouve en tête, est son compagnon de club. Elle est inquiète pour lui, car c’est un coureur capable du meilleur comme du pire. Je la  rassure sur le fait qu’il devrait tenir, car ceux avec qui il dispute la première place ne devraient pas revenir sur lui tout de suite ; et si Thierry tient mentalement, il devrait aller au bout sans inquiétude. 

 

Après quelques km parcourus à 5, nous apercevons au loin le 4x4 des infirmières, arrêté sur le côté de la piste. En réalité, elles sont en train de soigner Patrick qui a les pieds dans un très mauvais état. Patrick en est à sa troisième participation. C’est un très bon coureur qui est très rapide, et il était clair qu’avec son niveau, il aurait du être cette année sur le podium. Mais il en a été  autrement, puisque encore une fois, il se  retrouve avec des pieds dans un état catastrophique. L’infirmière les lui  soigne. Il peut reprendre la course, mais pour lui, fini de penser à la place. Son seul objectif, étant maintenant de terminer, ce qu’il n’avait pas fait les deux fois précédentes.

En me taquinant, Flo me dit « Patrice, maintenant il faut absolument que tu ailles chercher André ! »

Après réflexion, j’ai compris son intérêt qui était de permettre à Thierry d’aller au bout sans inquiétude ; je lui réplique pour la taquiner à mon tour  « Oui et pourquoi pas Thierry par la même occasion ? » Elle est très surprise et après avoir marqué un temps d’hésitation elle me répond : « Oui Thierry aussi »

Je la  rassure en lui disant que, quitte à être sur le podium, la deuxième place me suffit  et que Thierry peut continuer d’avancer. Je gambergeais dur sur ce que je devais faire à ce moment, car nous sommes tout de même plusieurs, et je sais  que si je partais du groupe, il y aurait alors des risques d’abandons. Je repars voir Démitrio à l’arrière lui expliquant que la donne avait changé, et que quitte à être sur le podium, j’irai chercher la deuxième place, car je ne voulais pas être troisième sans avoir rien fait. Mais si je pars, je ne veux pas que lui abandonne.

 Frédéric, m’a alors rassuré en me disant qu’il resterait encore avec lui et que je ne devais pas me faire de souci ;  je pourrais même finir premier.

Je décide donc de partir maintenant jusqu’au CP9 pour profiter de la présence des infirmières et faire contrôler les soins de mes pieds  faits précédemment. Sans attendre et après avoir échangé quelques mots avec chacun d’entre eux, c’est à plus de 10 km /h que je rejoins le CP suivant. Dominique, malgré sa cheville est venu avec moi, me demandant de l’emmener au CP9. Nous y arrivons pour la tombée de la nuit. Là, Isabelle me refait quelques soins et après avoir bien mangé et préparé ma tenue de nuit, je me retrouve prêt à repartir pour une nuit de course.

 

         Nos trois compères arrivent à ce moment là. Flo est bien et reprend son rythme de trottinement. Frédéric, lui n’est, vraiment pas bien, car en hypothermie; il veut arrêter. Démitrio, s’allonge et dit clairement son souhait d’arrêter là, car il a  mal dans ses muscles. Il n’a rien à prouver à personne et ne venait là uniquement qu’en reconnaissance. Isabelle l’infirmière s’occupe alors  d’eux, afin de les empêcher d’abandonner trop rapidement.

Là- dessus, je  pars et Dominique  souhaite alors repartir avec moi. Ce n’est pas un problème, mais je suis inquiet tout de même pour sa cheville. Nous quittons ce Cp vers les 19h30. Nous en sommes à 35h15 de course.

 

         C’est bien clair, nous avons 4h00 de retard sur André. Nous allons devoir avancer à un bon rythme pour tenter de le reprendre en 3 CP. Alors, nous partons  d’un bon pas alternant la course et la marche. Le CP 10 arrive après seulement 3h00 d’effort. Nous  avons déjà repris 1h00 à André. Il ne faut  pas perdre de temps dans le CP, mais tout de même se nourrir. On ne sait pas si on pourra manger au CP suivant, alors ce qui est pris est pris.

 

         Et nous  repartons vers le CP 11 sans perdre de temps. Mais le terrain n’est pas le même, et après un très long passage dans le sable fluide, nous nous  retrouvons  dans des dunes. Bref, ce tronçon est plus long et beaucoup plus difficile. Nous faisons  un arrêt dodo de dix minutes dans le sable, ce qui est très réparateur. Malgré la difficulté de ce parcours, nous avons encore repris beaucoup de temps à André. Et de plus, nous nous apercevons qu’il doit se douter que nous revenons, car il ne s’est pas arrêté pour manger. Nous, nous  prenons encore notre temps. Il est  prévisible qu’au prochain CP, nous ne serons plus bien loin de lui.

Ce  CP  passe très vite. La nuit est très froide. Seulement 2°C sur cette fin de nuit. C’est très difficile avec la fatigue. Mais comme Dominique et moi allons à bonne allure, le froid n’a pas  raison de nous. La lumière du jour apparaît, ce qui nous redonne du courage. Nous ne sommes plus bien loin du CP. Mais la fin est dans les dunes, ce qui ne nous facilite pas la tâche. Il y a, ici, des campements de berbères, avec des touristes. Nous nous retrouvons à un moment dans un troupeau de dromadaires. Puis, au lever du jour, nous arrivons au CP,  mais avant l’apparition de la chaleur. Il est alors 7h00 du matin et notre deuxième nuit est finie.

 

  A 3h30, nous repartons  rapidement  dans le sable. Nous nous octroyons encore une pause dodo de dix minutes. C’est simple, il suffit de p

Nous repartons avec les premières chaleurs du jour. En courant, nous  progressons sur une piste longue de plus de trois km avant de piquer droit vers les dunes. Le 4x4 d’Alain s’approche de nous. Il n’avait pas croisé André ce qui nous inquiète, car cela voulait sans doute dire qu’il avait piqué droit sur le CP suivant. Alain nous signale  la distance avec le premier (Thierry) qui est à notre portée, mais ce n’est pas notre objectif.

 De nouveau, nous nous dirigeons à bonne allure, droit dans les dunes. Mais après en avoir gravi  plusieurs, je mesure la difficulté, et l’arrivée n’est pas au bout de ces dunes, mais bien plus loin. Je partage donc cette inquiétude avec Dominique. Nous allons laisser beaucoup trop d’énergie à vouloir couper par ce  champ de dunes. Nous prenons donc  une option. Longer les dunes en partant sur la gauche et tenter de retrouver la piste au loin. Mais, par bonheur, nous découvrons une super piste roulante au bout de quelques centaines de mètres. Et de plus, on peut apercevoir très loin, sur une autre piste parallèle, notre ami André qui avance à bonne allure. Il est reconnaissable habillé en rouge. Nous oser son sac au sol, mettre la tête sur le sac et de s’endormir dans la seconde qui suit. Puis 10 minutes après, sans réveil, on se relève et on repart en courant. L’horloge interne fonctionne à merveille.

 

 

 

Là, c’est  pour nous deux, un agréable moment. De fait, devant la tente du CP, se trouve André qui s’apprête à repartir. Mais pour lui, ce doit être beaucoup moins confortable, et quelque part, cela me gêne un peu. Je sais très bien ce qu’il doit ressentir en nous voyant.

Sous la tente, Gérard et Michel, qui avaient abandonné plus tôt, sont présents.

 André ne s’était pas non plus arrêté pour s’alimenter. Nos drops bags n’ont pas été déposés, et donc rien à manger. Mais Michel avait de la nourriture avec lui, et nous a offert son repas. Nous prenons  le temps nécessaire avant de repartir. André avait fait deux CP sans s’alimenter. Pour nous, c’est gagné, nous allons le reprendre rapidement

Nous repartons avec les premières chaleurs du jour. En courant, nous  progressons sur une piste longue de plus de trois km avant de piquer droit vers les dunes. Le 4x4 d’Alain s’approche de nous. Il n’avait pas croisé André ce qui nous inquiète, car cela voulait sans doute dire qu’il avait piqué droit sur le CP suivant. Alain nous signale  la distance avec le premier (Thierry) qui est à notre portée, mais ce n’est pas notre objectif.

 De nouveau, nous nous dirigeons à bonne allure, droit dans les dunes. Mais après en avoir gravi  plusieurs, je mesure la difficulté, et l’arrivée n’est pas au bout de ces dunes, mais bien plus loin. Je partage donc cette inquiétude avec Dominique. Nous allons laisser beaucoup trop d’énergie à vouloir couper par ce  champ de dunes. Nous prenons donc  une option. Longer les dunes en partant sur la gauche et tenter de retrouver la piste au loin. Mais, par bonheur, nous découvrons une super piste roulante au bout de quelques centaines de mètres. Et de plus, on peut apercevoir très loin, sur une autre piste parallèle, notre ami André qui avance à bonne allure. Il est reconnaissable habillé en rouge.

 

 

 

Arrivés ici, nous avons à nouveau mangé et nous repartons  rapidement pour le CP 15 vers les 17h00. Ce sera la dernière tente avant l’arrivée.

 

Nous avons l’obligation de passer par un point intermédiaire où un pointage doit être effectué. Mais pour y arriver, nous devons faire 6km de dunes interminables. Il fait jour, mais impossible de les contourner. Puis la nuit est tombée très vite alors qu’il nous en reste  encore 1km. C’est interminable et de plus, Dominique a perdu sa lampe frontale ou bien oublié au CP précédent. Il doit avancer dans mes pas, mais il est moins rapide et dans le noir, il me faut l’attendre souvent. Puis il se rend compte que sa lampe est autour de son cou !

         Arrivés au point intermédiaire, personne pour assurer le pointage. Nous  cherchons autour avant de reprendre la piste qui rejoint le CP 15.

Cette piste est difficile mais rectiligne. Il suffit d’avancer droit devant.

 

        

DESERT Nous parvenons assez rapidement à ce CP où Alain est présent et nous raconte l’arrivée de Thierry. Je suis vraiment satisfait pour lui, il a bien mérité cette place, et quelque part, je savais y être un peu pour quelque chose. Mais Dominique et moi devons reprendre la route car nous ne sommes plus qu’à 10km de l’hôtel où se fait l’arrivée. Nous repartons en courant tous les deux jusqu’aux dunes. Nous cherchons autour avant de reprendre la piste qui rejoint le CP 15.

Cette piste est difficile mais rectiligne. Il suffit d’avancer droit devant.

 

         Nous parvenons assez rapidement à ce CP où Alain est présent et nous raconte l’arrivée de Thierry. Je suis vraiment satisfait pour lui, il a bien mérité cette place, et quelque part, je savais y être un peu pour quelque chose. Mais Dominique et moi devons reprendre la route car nous ne sommes plus qu’à 10km de l’hôtel où se fait l’arrivée. Nous repartons en courant tous les deux jusqu’aux dunes. Là en marchant, nous les contournons. Dominique avec sa cheville enflée et moi, qui termine avec une tendinite sous le genou intérieur gauche, arrivons tout de même à avancer pour en finir. Et nous  atteignons  Mhamid de nuit, avec tout de même quelques Berbères qui veillaient là. Puis après la traversée de la ville, nous  prenons le pont qui mène à l’hôtel où nous sommes arrivés à 23h00 le mercredi.

 

         Alain nous  remet  nos polaires de Finishers bien mérités. Puis nous   prenons une bonne douche indispensable  avant de nous endormir jusqu’à l’heure du petit déjeuner.

Les arrivées se  succèdent jusqu’au vendredi soir. Chaque arrivée étant un moment de joie pour tous les coureurs. Certains  ont les pieds en mauvais état, mais leur force mentale leur a permis d’aller au bout de l’exploit. Et c’est avant tout une très grande fierté que de terminer une telle épreuve. Nous sommes donc 40 participants, et il y a à l’arrivée 40 histoires passionnantes !

 

Le vendredi soir, Alain  organise  une remise de prix, donnant à l’occasion la possibilité aux coureurs de s’exprimer sur leur course. Ce que je retiens de ce moment, ce sont les remerciements et paroles touchantes de 6 participants à  mon égard. Cela vaut très largement une première place.

Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont soutenus pour cette épreuve ;

Que ce soit financièrement (car sans eux je n’aurais pas pu y participer), moralement ou sportivement.

 

 

                                      Patrice

 

 

 

 

 

 

 

 

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